Intervalles Shenzen-Pyongyang

Une exposition tenue du 5 mars au 30 avril

Saisissez la possibilité d’admirer de très nombreuses planches originales des romans graphiques de Guy Delisle.

Du 5 mars au 30 avril, la Cinémathèque Québécoise présente l’exposition Intervalles Shenzen-Pyongyang, qui offre au visiteur la possibilité d’admirer de très nombreuses planches originales des romans graphiques de Guy Delisle.


L’auteur, bédéiste québécois très nomade dont le lieu de résidence varie d’année en année, s’est inspiré de deux voyages en terre asiatique afin de composer des romans graphiques relatant ses passages en Corée du Nord et en Chine, alors qu’il accomplissait des contrats de travail pour une firme d’animation. Les récits, exotiques et rigolos, permettent de découvrir, dans un média peu habitué à ce genre d’expériences, des contrées et des cultures dont on ne peut pas aussi bien saisir la portée et les particularités lorsqu’on les découvre par le biais de reportages documentaires.

intervalles

Le contrôle de l’information étant ce qu’il est en république de la Corée du Nord, Delisle fait découvrir au lecteur une culture très semblable au totalitarisme de l’ex-U.R.S.S. mais en ceci de différent que le contrôle sur la population est poussé jusqu’à son paroxysme, au point de frôler l’absurde. Les observations d’un occidental à la langue bien pendue, qui semble toujours décalé dans cet univers qui tente constamment de colmater ses failles à grand renfort de patriotisme, proposent une vision aussi amusante qu’alarmante d’un pays enclavé dans ses frontières et qui voudrait bien être l’ennemi public international numéro 1 mais qui ne parvient pas à se faire prendre au sérieux.

Le voyage en Chine de Guy Delisle est tout aussi drôle mais moins politique. L’intérêt de la lecture de Shenzen repose davantage sur le choc culturel ressenti par l’auteur face à cette société imperméable, et aux difficultés d’adaptation que traverse Delisle, qui finit par s’en tirer mais qui ne parvient pas à apprivoiser la culture japonaise.

Avoir la chance de pouvoir observer des planches originales de bande dessinée est tout simplement merveilleux. Ces planches possèdent davantage de texture que le produit fini, relié et vendu en librairie, et on peut entrer dans un contact plus intime avec le travail de création de l’artiste. La présence d’encre blanche et de corrections permet également de saisir tout l’effort déployé par un bédéiste pour la réalisation de chaque page d’une oeuvre. Dans le cas de Delisle, j’ai été très impressionné par le peu de retouches sur chaque planche : changement de dialogues et élimination de bordures sont ses principaux ajustements, le reste est intact et riche de détails.

Cette exposition est complétée par la présence de projections de films d’animation issus de la plume de Delisle, d’exemplaires traduits de ses romans graphiques et d’un reportage de 22 minutes réalisé par une télévision française à Pyongyang. Une incursion artistique et exotique dans un univers asiatique fascinant, le tout offert gratuitement.

lundi 24 mars 2008, par Gabriel Tremblay Gaudette

Créé, géré, édité et bidouillé par David Lamarre. Tous droits réservés (2008)