L’heure des bilans

Mes amis, mes amours, mes emmerdes

L’heure des bilans a sonné. « AH non, c’est pas vrai ! » disent certains d’entre vous. Je sais. Parce que l’exercice commande l’honnêteté absolue, il est parfois douloureux. Pourtant, le post-mortem annuel est nécessaire à qui veut bien intégrer les leçons servies par la vie.

Dans quelques heures, les grands voyageurs que nous sommes aurons franchi une nouvelle étape. L’année 2006 ne sera plus qu’un souvenir, qu’une image qui commencera à s’éloigner dans nos rétroviseurs. Le temps des fêtes sera dans notre angle mort, prêt à se laisser doubler. Et nous poursuivrons inlassablement notre route vers l’avenir. Mais qu’est-ce que cela signifie au juste ? À part que, lors de mon récent passage à Québec, j’ai été très impressionnée par la nouvelle Yaris de ma mère ?


Si vous êtes comme moi et que vous n’avez toujours pas dégagé le sens de cette dernière année, vous ne pouvez vous défiler plus longtemps. L’heure des bilans a sonné. « AH non, c’est pas vrai ! » disent certains d’entre vous. Je sais. Parce que l’exercice commande l’honnêteté absolue, il est parfois douloureux. Pourtant, le post-mortem annuel est nécessaire à qui veut bien intégrer les leçons servies par la vie. Et comme personne ne souhaite un destin semblable à celui de Bill Murray dans le Le jour de la marmotte… Procédons. Enfin, je procède à mon premier bilan public qui, possiblement, ressemblera au vôtre.

Les emmerdes… Nombreuses… Si nombreuses qu’il serait plus approprié de parler d’une pluie de merdes. Loin de moi l’idée de sombrer dans la vulgarité ou la scatologie, mais comme la franchise est la règle, je me dois de détailler davantage cette grande épopée vaseuse. Alors, la saison des intempéries a été particulièrement longue et vigoureuse cette année. Des torrents bruns et nauséabonds ont déferlé sur mon être et ont tenté de l’engloutir. Telle une grande guerrière, j’ai livré combat. J’ai surnagé dans ce puissant flot diarrhéique ; saisi l’opportunité d’enfin m’extirper de la glaise ; me suis hissée sur la terre ferme puis dressée contre ce vent d’immondices ; j’ai levé le poing et défié le ciel : « ASSEZZZZ !!! ». Voilà. Depuis, je trône paisiblement sur un immense tas de fumier. Je me suis mise au jardinage et je constate, comme plusieurs l’ont fait avant moi, que les fleurs poussent très bien dans la merde. La morale de cette histoire ? Les saisons ne sont pas éternelles. Elles finissent toutes par s’éteindre et par nous laisser filer vers d’autres décors.

Les amours… « Fouareuses »… L’inventaire des récoltes annuelles est, disons le, misérable. Outre les flirts sans conséquence et les romances imaginaires, il y a eu un magnifique narcissique, un polygame au comportement obsessif assez inquiétant et un sadique souffrant de dédoublement de personnalités. J’ai beaucoup donné côté maladie mentale cette année. La leçon tirée de ces mésaventures sentimentales ? Hummmm… Que l’amour est compliqué ? Que le monde est fou ? Peut-être. Mais assurément que le cœur a aussi besoin de répit. Une fois rapiécé, il est parfois sage de le mettre en jachère… Question qu’il recouvre la santé et une petite chance de battre encore pour les 50 prochaines années.

Mais ces derniers mois n’ont pas été qu’abomination. Ils auront apporté avec eux un lot de découvertes qui ont transformé ma vie : les omégas 3, les cafetières italiennes, les pannetonis, l’Université de Montréal, le journal étudiant, ce site internet… Ils m’auront aussi révélé des forces intérieures insoupçonnées et des forces extérieures d’une grandeur inestimable, en l’occurrence, mes amis.

Le 31 décembre est souvent le moment de se retrouver entre copains. De s’enivrer joyeusement en attendant le décompte. De se dire qu’on est beau, qu’on est fin et que la prochaine année sera la nôtre. Et aux coups de minuit, à l’apothéose de notre enthousiasme, de se tomber dans les bras. Cette année, lorsque je distribuerai becs et câlins à mes « potes », je le ferai bien sûr pour transmettre mes vœux, mais surtout pour dire merci. Merci de vous tenir à mes côtés malgré les tempêtes ; de ne jamais cesser de m’encourager et de croire que le meilleur s’en vient ; merci d’être ma seule constance, mes véritables amours ; et merci de me promettre d’être là demain.

Je dédie cette dernière chronique de Noël aux amis. Et plus particulièrement aux miens qui s’avèrent être des compagnons de voyage exceptionnels.à

Je vous laisse avec une sélection de films qui célèbrent l’amitié sous toutes ses formes. À tous les lecteurs de cette chronique, je vous remercie de votre fidélité et je vous souhaite une merveilleuse année 2007.

Thelma et Louise

De Ridley Scott, Etats-Unis, 1991.

Tragiques destins que ceux de Thelma et de Louise. Mais l’amitié qui unit ces femmes est aussi touchante que grandiose. La fin est difficile à voir, mais le film vaut la souffrance.

La société des poètes disparus

De Peter Weir, Etats-Unis, 1989. L’amitié à saveur masculine et aux accents lyriques. Un film qui donne envie d’être courageux, de se battre pour ses valeurs, pour ses rêves et pour ses amis.

Le grand bleu

De Luc Besson, France/Etats-Unis, 1988.

Pour la relation étrange que cultive Jean-Marc Barr avec les dauphins… Mais surtout pour son amitié avec son concurrent de toujours, le Grand Enzo (Jean Reno). Une finale brutale mais des images magnifiques.

Une ligue en jupons

De Penny Marshall, Etats-Unis, 1992. Une petite histoire d’amitié féminine sans prétention, mais drôlement efficace. Personnellement, les retrouvailles des coéquipières m’arrachent toujours quelques larmes.

Le seigneur des anneaux

De Peter Jackson, Etats-Unis/Nouvelle-Zélande, 2001.

Lorsqu’on parle d’amitié, impossible de passer à côté de la communauté de l’anneau. Un groupe hétéroclite dont les membres sont prêts à mourir les uns pour les autres et dont la volonté finira par sauver le monde… Peut-on demander mieux ?

Enfin, trois séries télé incontournables Friends, Sex in the city et Seinfeld

samedi 30 décembre 2006, par Julie Roy

P.-S.


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