Si j’ai longtemps eu des réticences face à la pratique des blogueurs de tout acabit, Zviane a réussi à faire tomber quelques-uns de mes préjugés.
Le volumineux bouquin contient des extraits de chroniques étalées sur plus d’un an et qui traitent de certains événements importants de la vie de cette créatrice à la fois jeune et mature. Dans un style graphique plus dépouillé et flexible que ce qu’elle avait proposée dans Le point B, Zviane offre un aperçu de son quotidien, qui, semble-t-il, est très, très chargé.
J’ai toujours reproché à certains blogueurs de ne s’adresser qu’à un cercle d’initiés. C’est malheureusement ce qui se produit à quelques reprises au cours de La plus jolie fin du monde comme pour ce bref épisode où Zviane oublie de rejoindre une de ses amies et s’en excuse à la fin du court récit. Aussi, un passage d’une vingtaine de pages à propos de musique (tonale, modale, préludes et fugues, je vous admet n’y avoir rien compris) peut facilement larguer un lecteur qui n’y connaît que dalle dans ces concepts musicaux.
L’auteur est à son meilleur lorsqu’elle traite de sujets plus universels, comme ses remises en question face à son avenir académique et ses choix artistiques, le triste ennui qui s’empare d’elle lorsque son copain part en France pour deux semaines, sa recette pour se remettre d’aplomb et son expérience de travail dans un camp d’autistes qui tourne mal. Ces épisodes plus anecdotiques permettent de donner une plus grande densité au « personnage » de Zviane.
D’un point de vue plus technique, la bédéiste n’envisageait probablement pas éditer une éventuelle édition papier de son travail en ligne. Alors que Le point B avait offert de très beaux efforts de mise en page et de découpage, la mise en page de La plus jolie fin du monde est tout sauf spectaculaire.
Somme toute, La plus jolie fin du monde se révèle une bonne collation servie par la talentueuse Zviane en attendant son prochain ouvrage exclusivement conçu pour le médium imprimé. Malgré les quelques problèmes inhérents à l’adaptation, ce recueil bénéficie de la verve, l’énergie et l’humour de cette artiste de chez nous.
La plus jolie fin du monde,
Éditions Mécanique Générale,
300 pages, noir et blanc
Le même format qu’un roman de poche











