Lila dit ça vous laissera sans voix. Vous en sortirez troublé, ébranlé, à la fois triste et émerveillé. Mais aussi déçu. De prime abord, le langage obscène de la jeune Lila, 16 ans, blonde angélique, vous frappera en plein visage. Personnellement, j’ai senti un malaise. Je croyais être émoustillé par le vocabulaire grossier de la jeune nymphette, j’espérais même être choqué par ses phrases ordurières, mais c’est plutôt un inconfort qui m’a habité durant le film. Pas que je sois prude, loin de là (et je vous rassure), j’ai en fait trouvé mal habile la façon de camper le personnage principal, Lila. Je n’y ai pas cru. Tout va trop vite, il n’y a aucune sensualité, aucune finesse dans l’enchaînement des plans. Non pas que le personnage soit mal interprété, Vahina Giocante offre une excellente performance, mais le premier tiers du film déçoit.

- Lila (Vahina Giocante) et Chimo (Mohammed Khouas)
Par contre, le développement du personnage de Chimo (prononcez tchimo) et l’interaction entre les deux personnages principaux deviennent intrigants et bienvenus dans la suite du film. Basé sur son passé, l’écrivain Chimo raconte sa rencontre avec la femme qui aura fait basculer sa vie. À travers plusieurs situations légères, dignes des amourettes adolescentes estivales, deux jeunes apprennent à parler d’amour, à apprivoiser leur désir pour l’autre, sans balise, sans ancrage. Et l’intérêt du film est là. La relation entre les deux est si ambiguë, si maladroite : Chimo ne parle pas, n’agit pas ou réagit trop tard alors que Lila fonce, harcèle, désarçonne son amoureux qui n’en croit plus ses yeux et encore moins ses oreilles.

Dans un ghetto arabe de Marseille, on assiste à une belle histoire d’amour quasi impossible entre un jeune Arabe et une jeune Française. L’ambiance chaleureuse y est, l’interaction entre les personnages y est aussi, l’amour flotte, mais le réalisateur Ziad Doueiri passe à côté du but. Probablement mieux écrit qu’adapté à l’écran, je ne vous encourage pas particulièrement à aller voir ce film, mais le roman en vaut sûrement le coup d’œil.











