Noël en famille

Une pensée pour nos aînés

En l’honneur de nos « vieux » qu’on aime tant et qu’on ne visite jamais assez souvent, je suggère cette sélection de films qui ont sûrement, jadis, fait le bonheur de leur temps des fêtes.


À quelques heures de Noël, la plupart d’entre nous suspendons nos activités, notre course contre la montre, et prenons la route pour retrouver nos proches. Ces retrouvailles éveillent toutes sortes de sentiments : la sécurité, le réconfort, la paix intérieure et la sérénité, la joie, le bonheur et, bien entendu, le stress. Impossible d’y échapper, surtout à cette époque de l’année. Certains spécialistes (dont l’inaliénable Serban-Schreiber) expliqueraient probablement cette nervosité conjoncturelle par un sérieux dérèglement du système parasympathique, grand commandant de l’état de « cooleté ». Mon explication, c’est que Serban-Schreiber est un imposteur. Mon système parasympathique fonctionne très bien. Et s’il continue de s’affoler au moment de retrouver la famille pour Noël, c’est qu’il a sûrement de bonnes raisons.

Première bonne raison : l’autobus. Si vous ne voulez pas d’enfants et que vous vous sentez coupables de contribuer au sous-peuplement du Québec, allez jeter un coup d’œil par la fenêtre de la gare d’autobus le 23 décembre prochain… Ça vous aidera à déculpabiliser. Et n’essayez surtout pas d’entrer ! On sera bien assez nombreux… En ce jour, quiconque s’aventurera dans la gare et saura préserver ses plombs d’un « pétage » monumental sera mûr pour Pékin. Pour ceux qui doutent de leur force mentale, commencez immédiatement la visualisation. Conditionnez-vous à garder votre calme et à desserrer les dents à l’idée de ce qui vous attend : coups de sac à dos, chaleur extrême, attente interminable,… les pousseurs et les coupeurs de file ; les pessimistes qui partagent leur crainte de ne « jamais réussir à embarquer » ; les hurleurs agressifs au visage cramoisi qui nous ordonnent « d’AVANCERRRR »… Lors de votre préparation mentale, n’oubliez pas de vous entraîner aussi pour l’épreuve de l’autobus et du bébé qui pleure pendant trois heures.

Deuxième bonne raison : la famille périphérique. Celle qu’on voit une fois par année le temps de l’interrogatoire : « As-tu une job ? As-tu un chum ? As-tu des projets ?... Coudonc… manges-tu à ta faim ??? ». Mortel. Surtout lorsqu’on a atteint le deuxième versant de la vingtaine, qu’on est célibataire, étudiante et qu’on vit des prêts et bourses.

Troisième bonne raison : les cadeaux. Quéssé que je vais encore recevoir cette année ? Comment simuler la joie si je reçois un presse-citron ou une pelle pour ramasser les graines de toast sur ma nappe ? Situation assez complexe et potentiellement dramatique pour ceux qui mentent mal.

Dernier stress : nos grands-parents, les gardiens de la tradition. Les gardiens des ragoûts de boulettes, des tourtières, des patates jaunes et des p’tits pains fourrés à la dinde… Dans quel état les retrouverons-nous ? Quels auront été les ravages de cette dernière année passée à regarder les Feux de l’amour et à avaler la soupe à l’eau et les sandwichs pas de croûte de la cafétéria de la résidence ? J’ose à peine y penser… Tout comme je n’oserai pas penser, lorsque je donnerai un baiser sur le front plissé de ma grand-mère, que ce Noël sera peut-être son dernier ou, pire encore, qu’on la retournera à son ennui après le réveillon… En l’honneur de nos « vieux » qu’on aime tant et qu’on ne visite jamais assez souvent, je suggère cette sélection de films. Des films qui ont sûrement, jadis, fait le bonheur de leur temps des fêtes.

Gone with the wind

Un film de Victor Fleming avec Vivian Leigh et Clark Gable, États-unis, 1939.

The sound of Music

Un film de Robert Wise avec Julie Andrews et Christopher Plummer, États-unis, 1965.

Breakfast at Tiffany’s

Un film de Blake Edwards avec Audrey Hepburn et George Peppard, États-Unis, 1961.

Casablanca

Un film de Michael Curtiz avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman, États-unis, 1942.

Modern Times

Un film de Charlie Chaplin, États-Unis, 1936.

jeudi 21 décembre 2006, par Julie Roy

P.-S.

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