Un nouveau Spider-Man imparfait, mais qui demeure un exercice de haute voltige remarquable.
Après une soirée romantique avec Mary-Jane dans un parc de New York, Peter Parker entre en contact avec une entité extraterrestre, le symbiote, écrasée sur Terre dans une météorite, qui décuple ses pouvoirs, son agressivité et sa soif de vengeance. Tout cela augure assez mal pour Flint Marko, un truand récemment échappé de prison et qui se révèle être le véritable tueur de Ben Parker, l’oncle de Peter. Pendant qu’il fuit la police, Marko tombe en plein milieu d’un accélérateur de particules qui modifie ses molécules organiques en sable. Spider-Man devra composer avec ce nouvel ennemi, Sandman, alors même qu’Harry Osborn, toujours hanté par la mort de son père, reprend l’identité et l’arsenal du Green Goblin pour le venger. Le héros devra également affronter Eddie Brock, un photographe rival qui se transforme en Venom après s’être uni au symbiote, dont Peter s’est défait après avoir constaté tout le mal qu’il causait sous son influence. Brock embrasse avec entrain ces pouvoirs et cette agressivité, lui qui en veut mortellement à Peter Parker de lui avoir fait perdre son emploi au Daily Bugle et de lui avoir volé Gwen Stacy.

- Spider-Man (Tobey Maguire) dans son costume noir sous l’influence du symbiote.
La commande était de taille après l’énorme succès critique de Spider-Man 2 et Sam Raimi ne relève pas complètement le défi avec ce nouvel épisode. En essayant d’introduire trop de nouveaux éléments, la narration devient confuse, surchargée et néanmoins outrageusement simpliste. Les détours scénaristiques faciles regorgent et la crédulité du spectateur est mise à rude épreuve par une succession de raccourcis trop commodes. Dans un univers de super-héros, certains coins ronds peuvent être excusés, mais même avec la plus grande des bonnes volontés, il est difficile de ne pas froncer des soucils à quelques reprises pendant le visionnement de Spider-Man 3.
Les séquences d’action sont encore une fois étourdissantes de réalisme, mais avec un budget de 258 millions, personne ne se serait contenté de moins. Le charme de Spider-Man n’a cependant jamais reposé sur une orgie d’effets visuels ; il ne s’agit que du crémage sur le gâteau. C’est davantage cet équilibre entre l’action, le tragique et le comique qui rendait les deux premiers films, mais surtout le deuxième, aussi complets. Dans Spider-Man 3, cette symbiose n’est pas aussi harmonieuse. Plusieurs scènes résonnent d’un mélo un peu gênant et les intrigues secondaires ne sont pas assez exploitées pour justifier leur intégration dans le récit.

- La séduisante Gwen Stacy (Bryce Dallas Howard)
Eddie Brock, pourtant extrêmement intéressant et rendu avec justesse par Topher Grace, n’apparaît que dans une poignée de scènes et Venom ne semble avoir été inclus que sous la pression des producteurs tant son rôle est accessoire. Sandman nous est présenté comme un être tragique, mais l’épaisseur de ses motivations (il vole des banques pour payer les traitements de sa fille malade) ne lui rend pas justice, surtout en comparaison avec le grave et profond Doctor Octopus de Spider-Man 2. Gwen Stacy n’est utilisée que comme faire-valoir dans l’histoire d’amour entre Mary-Jane et Peter Parker, ce qui est un affront à ses origines, aussi dramatiques que fondatrices pour le personnage de Spider-Man.
Malgré la suspension volontaire d’incrédulité que requiert un film de ce genre, il est difficile de croire à l’identité secrète d’un super-héros qui passe son temps à se démasquer. C’est à supposer que le contrat de Tobey Maguire stipulait que son visage devait être visible pour qu’on le reconnaisse dans la rue.

- Eddie Brock (Topher Grace)
Un point ne peut cependant pas être remis en question dans les films de Spider-Man ; la distribution. Jamais n’a-t-on vu un choix aussi varié et aussi juste de comédiens pour interpréter des rôles donnés. Tobey Maguire campe Peter Parker avec un naturel toujours aussi désarmant et Kirsten Dunst est adorable en Mary-Jane Watson. James Franco joue un Harry Osborn intense et ténébreux, tandis que Rosemary Harris rend le personnage de tante May attachante de sincérité. J.K. Simmons est tout simplement parfait en J. Jonah Jameson, l’éditeur du Daily Bugle, et chacune de ses apparitions est un moment d’anthologie. Les nouveaux venus sont tout aussi convaincants que les vétérans. Topher Grace possède ce charme arrogant et cette teinte d’agressivité dans l’œil qui en font le parfait Eddie Brock. Thomas Haden Church, avec son nouveau physique d’haltérophile au bord des larmes, rend le monstre Sandman humain et poignant alors que Bryce Dallas Howard est tout à fait irrésistible et magnifique en Gwen Stacy. Même James Cromwell est un choix irréprochable pour le rôle mineur du capitaine Stacy.

- Le terrifiant Venom attaque !
Spider-Man 3 est un film éparpillé qui donne souvent dans la facilité, mais qui exulte d’un plaisir intrinsèque (les scènes où Peter Parker se transforme en emo suffisant et vantard sont tout simplement hilarantes). Après trois opus, Sam Raimi s’essouffle plus rapidement, surtout qu’il s’attaquait cette fois-ci à la double tâche de scénariste et réalisateur. Il est néanmoins aisé de s’abandonner aux acrobaties de l’homme-araignée et de se gorger dans l’exubérance de l’action, malgré les failles indéniables du scénario.











