Quatre frères qui ne veulent rien savoir du 9 à 5 passent le plus clair de leur journée à dévaliser subtilement les gens. Les quatre as du pickpocket vont se retrouver dans un sérieux pétrin quand ils se font tour à tour prendre à leur propre jeu par une ravissante jeune femme qui, comble du malheur, se trouve à être la femme d’un gangster qui n’entend pas à rire. La famille malhonnête devra régler ses comptes avec la pègre dans un duel de voleurs de haute voltige afin d’obtenir la libération de la jeune fille chinoise dont le passeport est pris en otage par son parrain de mari.
Est-ce que The Sparrow aurait pu être un film plus sérieux ? Je m’imagine mal comment traiter ce scénario de manière humoristique n’a pas été le meilleur choix. De toute manière, dès la scène d’ouverture où le personnage principal reprise avec un enthousiasme exagéré la poche de son veston, on comprend qu’on est dans la farce. Les meilleures scènes du film son d’ailleurs celles qui arrachent une bouffée de rire sans effort.
Les acteurs font un boulot convenable pour ce qui est d’être crédibles dans leur rôle, quoiqu’on les sent plus à l’aise dans les séquences qui les invitent à la bouffonnerie. Il est un peu dommage que la trame sonore ne se soit pas cantonnée au registre jazz pour l’ensemble du film, parce que ça fonctionnait très bien durant les premières bobines.
L’attrait principal de The Sparrow repose définitivement sur les scènes de cambriolage. Même si elles ne sont pas exactement compréhensibles pour les non-initiés (qui sont nombreux, puisque le pickpocketing n’est pas un passe-temps très populaire), elles gagnent à être montrées à vitesse réelle, sans ralenti superflu qui rappellerait une fusillade. L’intensité du duel final est stupéfiante : le spectateur est plein d’appréhension alors que les protagonistes s’élancent l’un vers l’autre avec comme seule arme un minuscule bout de lame de rasoir !
On peut vraiment parler d’un divertissement réussi dans le cas de cette production signée Johnnie To. La morale à deux balles peut être facilement extrapolée d’après le titre et le drame narratif de la jeune femme tenue captive par son mari. Si je vous dit : oiseau, cage dorée, voler de ses propres ailes, vous me voyez venir ? Tant mieux, vous pourrez regarder The Sparrow pour le plaisir.











