Voeux pieux

La paix dans le monde

Cette semaine, je suggère un exercice de propagande pacifiste. Pour que « la paix soit dans nos cœurs et partout ailleurs », comme le disait approximativement le grand timonier de mon église d’enfance. Au programme : trois films.

Rassurez-vous : je ne m’entraîne pas pour le prochain concours de Miss Univers. Simplement, hier soir vers 22 heures, j’ai pris une décision lourde de conséquences. Inconfortablement allongée sur mon sofa une place et demie avec ma couverte de Noël, j’ai voulu me préparer au sommeil en regardant le bulletin de nouvelles. Drôle d’idée me direz-vous. J’en conviens.


L’enfer en Irak, le chaos en Afghanistan, le génocide au Darfour,… W le belliqueux qui poursuit sa guerre contre l’univers ; Rona aux gros cheveux qui essaie de tuer la beauté du monde ; S. Dion, au sommet de sa gloire, qui attend impatiemment le début de son règne pour déplacer le Québec au pied des Rocheuses et l’y enchaîner définitivement… En regardant défiler ces images, je me suis rappelée ce vers de feu Dédé Fortin : « Non mais ça vas-tu mal dans le monde… » Bouleversée devant tant d’horreurs, je me suis précipitée sur ma boîte de biscuits soda pour soulager mes souffrances.

Trois heures plus tard… Allongée dans le noir, les yeux grands ouverts et la mort dans l’âme, je me demande où s’en va l’humanité et si Kim Jong II prépare le lancement d’une bombe nucléaire. « Tant de haine. Tant de haine ! » Épuisée par ces interminables réflexions, je suis sur le point de m’assommer pour dormir enfin. C’est alors que viennent me happer les paroles d’un autre grand poète : « Heal the world ! » Avec ces trois mots, Michael Jackson venait non seulement de sauver mon âme, mais aussi de me rappeler l’essence même du temps des fêtes : l’espoir. L’espoir d’une vie meilleure pour chacun d’entre nous, mais surtout, celui d’une vie collective plus harmonieuse.

Cette semaine, je suggère un exercice de propagande pacifiste. Pour que « la paix soit dans nos cœurs et partout ailleurs », comme le disait approximativement le grand timonier de mon église d’enfance. Au programme : trois films. Mais attention ! Vous devez absolument respecter l’ordre établi puisqu’il propose une gradation dans l’horreur. Tout inversement pourrait entraîner des répercussions catastrophiques. Comme tourner des heures dans son lit avant que Michael Jackson ou John Lennon viennent à la rescousse (hier, c’est la douce mélodie d’Imagine qui m’a finalement convaincue de m’asséner un coup de lampe de chevet).

Deer hunter De Michael Cimino, États-Unis, 1978.

Seulement pour les militaristes. En exposant les ravages que peuvent causer la guerre, ce film-choc vous convaincra peut-être de revenir sur vos positions. L’œuvre présente un groupe de jeunes Américains joyeux et idéalistes dont la vie sera complètement transformée par la guerre au Vietnam. Toujours d’actualité puisque le film permet de dresser de nombreux parallèles avec la situation présente en Irak. Personnellement, j’en ai tiré la conclusion que les politiciens américains devraient manger plus de choux de Bruxelles. Les choux de Bruxelles sont bons pour la mémoire et la mémoire, généralement, empêche de commettre plus d’une fois la même erreur.

Joyeux Noël De Christian Carion, Angleterre/France/Allemagne, 2004

Un très beau film qui nous révèle plusieurs choses. D’abord que l’homme est capable du meilleur comme du pire ; ensuite que la beauté peut naître partout, même dans un no man’s land peuplé de cadavres ; et, enfin, que Diane Kruger n’est pas une vraie chanteuse. Ce qui n’empêche pas la musique d’être très belle soit dit en passant. Et puis il y a aussi l’acteur allemand que j’adore… Vous savez celui qui joue dans Goodbye Lenine…. Dans the Edukators… je m’égare.

La guerre des tuques D’André Melançon, Québec, 1985.

Quand je vous parlais de gradation dans l’horreur… Chléo y a tout de même perdu la vie… Un film à voir et à revoir, pour toutes ces belles paroles philosophiques qui nous ont aidés à forger notre identité et à comprendre la vie. Au nombre des enseignements : 1) La guerre ce n’est pas une raison pour se faire mal ; 2) Les murs des châteaux forts doivent être larges comme ça ; 3) Si on porte des lunettes, il ne faut pas provoquer les autres (surtout pas les p’tits blonds frisés qui se promènent dans la rue avec un clairon d’armée) ; 4) Si t’aimes ça, ben fait comme l’écureuil de Ti Guy la lune pis manges-en. 5) La loua, c’est la loua ; 6) Les flancs, c’est pas seulement un dessert ; 7) Il ne faut pas faire comme Chléo et pisser dans la maison à tous les matins (en fait, c’est préférable de « pisser » dans la maison, mais pas sur le tapis) ; 8) L’amour revient de guerre la tête de travers, mais le cœur à l’endroit.

Dernier conseil : pas de nouvelles à 22h avant un mois.

vendredi 8 décembre 2006, par Julie Roy

P.-S.

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